Un regard sur ma journée (FR)

Du jour au lendemain, le COVID-19 m’a confronté – ainsi que tant d’autres – à une nouvelle réalité. J’y ai plongé sans perspective. J’ai trouvé à quoi me raccrocher dans une routine quotidienne serrée. C’était peut-être la façon de garder ma tête hors de l’eau dans cette tempête.
Maintenant que nous pouvons espérer sortir de la crise, il est temps de jeter un coup d’œil sur mes journées corona.

7h00
Je me lève, je me prépare et je déjeune avec du jus de fruits fraîchement pressé. Jour après jour, mon mari Bernard s’occupe de mes vitamines et d’un délicieux lunch à emporter. Non seulement je peux ainsi apprécier sa cuisine mais chaque week-end, il cuisine aussi avec beaucoup d’amour et de goût pour les enfants et leurs familles d’accueil des environs. Restauration pour bulles !

7h45
Aller nager en piscine n’est plus possible depuis le début du COVID-19. Chaque matin, je marche vers l’hôpital pour rester en mouvement. Quiconque me connaît sait que je vis sur un pied élevé : des hauts talons et un tailleur font partie de ma tenue habituelle. Mais le COVID-19 est inhabituel. Les promenades et les journées mouvementées sont plus faciles à vivre avec des baskets et des vêtements souples. Donc mon aspect est devenu un peu différent. Mais maintenant que nous revenons tout doucement à la normale, je prévois un revirement dans ma tenue.
Dès le premier jour, j’ai su que je voulais conserver mon histoire de cette crise et la partager avec tout le monde. Pendant ma promenade, je téléphone tous les jours avec Marlies. Je parle, elle écoute et met des mots sur mon histoire. Après une conversation, je sens chaque fois que mes pensées sont complètement claires. C’est cathartique.
Parfois, j’appelle en plus quelqu’un d’autre. Pour rattraper et reprendre le fil de la vie.

8h30
Arrivée à l’hôpital sans baisers ni câlins. Mais une bonne journée chaleureuse est heureusement toujours possible. Je mets mon pique-nique au frais (toujours) et surprends mon médecin-chef, Kenneth Coenye, avec un croissant chaud (parfois). Prendre des forces pour des jours chargés.
Avec un café, je m’installe à mon ordinateur et mets les équipes en route.

9h00
Jusqu’à il y a quelques semaines, notre cellule de crise quotidienne débutait à ce moment-là. Depuis le début des consultations, l’heure a été retardée et la fréquence réduite.

10h00 à 19 h 30
Je plonge dans ma journée au sein de la Clinique, sur tous les fronts et dans les coulisses, avec des collègues et des partenaires hospitaliers. Des journées pleines de choses à organiser et à concerter, mais aussi pleines d’émotions partagées. De solidarité et d’implication. De peur et de résilience. De confiance et de gratitude. Et heureusement de temps à autre de folie et de joie.

Entre les mouvements de la foule, j’entends et goûte ma famille. J’appelle Emma et sa famille d’accueil. Emile m’appelle. L’amour de mon mari me traverse le cœur pendant mon pique-nique. Et à 19h07 précises, Arthur et tante Katelijne appellent. La première question, “Kenneth est-il là ?”
Il y a encore des certitudes dans la vie.

 

19h30
Si je n’ai pas réussi à le faire entretemps, j’enregistre à ce moment la vidéo pour mon blog.
Et j’essaie de terminer ma journée à la Clinique avant 20h. A cette heure-là, on ferme également l’entrée principale. De cette façon, je m’épargne un détour.
Je rentre chez moi par un autre chemin que le matin. Dès que les enfants m’attendront à nouveau, cette habitude fera partie du passé. Le vélo ou la voiture me ramèneront plus vite chez moi, à leurs côtés.
Pendant la promenade, je discute avec Marlies et avec Patrick, le président de notre conseil d’administration. À 20 heures, en cours de route, j’entends les applaudissements pour les soignants. Il en est ainsi depuis des semaines, voire des mois.

20 h 45
Bernard et moi parlons autour d’un délicieux souper qu’il nous a préparé.
Avec un thé au fenouil et du yaourt au coulis de framboise fraîche, je m’installe devant la télévision pour un épisode de The Crown. Ou deux.
Pour finalement m’endormir avec un bon livre.
Et donc le jour se transforme en nuit.
Et la nuit en un nouveau jour.
Mes journées seront bientôt différentes. Pas plus ordinaires, mais différentes.
Avec moins d’imprévisibilité due au COVID-19.
Et avec les enfants auprès de moi avant et après.

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